Culture, 28 Avr 2016 – 14:41

        "Tid n zik", la preuve par sept de Djaffar Aït Menguellet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est souvent plus difficile de présenter une oeuvre artistique que de présenter son auteur, surtout lorsqu’il

s’agit d’un ami et qu’il s’appelle Djaffar Aït Menguellet Comment faire ? Opter pour une approche laconique

ou alors élargir, au risque de sombrer dans le dithyrambique ? Choix cornélien…

 

Djaffar Aït Menguellet, fort d’une carrière de plus d’une quinzaine d’années, n’est maintenant plus à

présenter. Son jeune mais néanmoins prolifique parcours artistique, jalonné de succès indéniables, vient

d’être étoffé d’un cinquième opus intitulé "Tid N Zik".

 

Sept titres composent cet album (Ay amedyaz, Ay ihbiben, Ay ussan-nni, Iyeblan, Sin-nni, A bu laâyun et Tid

n zik) ; les textes sont en totalité écrits - que dis-je ?- bâtis par Lounis Aït Menguellet him self, sur une

mosaïque de thèmes aussi divers qu’hétéroclites, et les musiques sont signées Djaffar.

 

Dès l’entame de l’écoute, on est happé par une profonde sérénité, comme s’il s’agissait de nous préparer à

voyager dans le l’espace et dans le temps. Comme à l’accoutumée, Djaffar n’a pas été regardant en

innovations ; il nous balade, nous fait valser à l’autrichienne, nous fait lamenter à l’italienne, pour ensuite

nous faire revisiter les années soixante dix à l’occasion d’un disco, tout en gardant une âme authentique bien

ancrée dans les flancs de nos montagnes !… Les notes de musiques ne se bousculent pas, elles attendent

patiemment sur la grille, dans une irréprochable discipline, le moment d’être sollicitées pour donner le

meilleur d’elles mêmes. Elles se jalousent mais se respectent. Aussi, il en ruisselle une musique qui a acquit

de la maturité avec son auteur, dont la voix a remarquablement gagné en justesse et en assurance.

 

Il est écrit quelque part que les belles voix allaient se succéder aux studios d’enregistrement chez Djaffar Aït

Menguellet. Après Dyna et Nouara, Noria, la guest star de l’album, a étalé tout son savoir faire et a rehaussé

de son organe envoutant la dimension émotionnelle et hiératique du titre "Tid n zik".

N’allez surtout pas croire qu’à travers "Tid n zik", Djaffar nous raconte des histoires ! Non, il raconte

l’Histoire, nos histoires, nos amitiés, nos amours désenchantés, nos rêves sans limites, nos déceptions, nos

douleurs, nos tourments et nos appréhensions. Il nous invite à jeter un oeil sur le passé, non pas par nostalgie

mais par devoir de mémoire et pour la masse d’enseignements qu’il nous livre. Aussi, interpelle-t-il le poète

et l’exhorte t il à soulager son coeur. S’agit-il de ce même coeur oppressé depuis maintenant un demi-siècle ?

 

Enfin, concluons sur un air folklorique avec le titre "A bu laâyun". Cette chanson, louanges aux retrouvailles

familiales n’est pas sans nous rappeler la chanson "Tameyra" de Lounis Aït Menguellet. Au-delà de son

aspect festif et joyeux, cette chanson est de loin la plus chargée en émotions, pour plusieurs raisons. Mais je

n’en dirais pas plus…Ecoutons, savourons et apprécions l’album de la confirmation !

 

Mohand-Arezki Hocine

 

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